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La Bionne

  La Bionne malade

Aux chevets de la Bionne

     La Bionne est malade ! On s’en doutait un peu en se promenant entre Trainou et Boigny-sur-Bionne, du côté des lieux-dits « Le Grand Muid » ou « La Champagne ». Là-bas, la Bionne n’est plus une rivière mais un simple exutoire agricole ; cours rectiligne recreusé, absence de végétation sur les rives, eaux d’aspect douteux … Comment s’en étonner lorsqu’on sait que depuis plusieurs décennies la gestion de l’ensemble du bassin de la Bionne et de ses affluents ne concerne que les aspects hydrauliques c’est-à-dire la faculté pour la Bionne à évacuer le plus rapidement possible les eaux pluviales chargées de tous les polluants apportés par un bassin versant consacré à l’agriculture. Les objectifs du Syndicat exposés dans l’article 2 des statuts datant de 1963 sont d’ailleurs très explicites là-dessus : « amélioration des conditions d’écoulement de l’eau dans les émissaires naturels ou artificiels comportant : amélioration des lits, protection contre les inondations, assainissement et drainage des terres ».

Entre Boigny et Trainou

     Mais les temps changent. Il y a eu la loi sur l’eau de 1992 et les premiers SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux), puis la directive cadre sur l’eau de l’Union Européenne, sa transposition en droit français en 2004, la loi sur l’eau de décembre 2006 et enfin la révision du SDAGE du bassin Loire-Bretagne en 2009. Tous ces travaux puisent leurs sources dans une autre vision de la rivière. Aujourd’hui, la rivière n’est plus considérée comme un canal d’évacuation mais comme un écosystème fragile qu’il convient de préserver, voire de restaurer. Aujourd’hui on réhabilite ce qu’on a détruit voici quelques années et bien sûr cela coûte cher à la collectivité.
     
    La Bionne n’échappe pas à la règle. Le constat est sans appel. Il est fait par l’Agence de Bassin Loire-Bretagne qui classe la Bionne en « masse d’eau (c’est le terme consacré de l’administration) dégradée en risque sur les paramètres macro polluants, pesticides, morphologie et hydrologie » ce qui signifie en clair par exemple qu’on y trouve de façon inquiétante des substances chimiques polluantes, que les méandres ont été rectifiés au profit de sections linéaires, que la végétation a disparu de nombreux secteurs ou bien encore que la rivière fonctionne mal d’un point de vue hydraulique. Cela fait beaucoup pour une seule rivière, à tel point que l’Agence de bassin a reculé de 2015 à 2021 l’échéance pour se mettre en conformité avec la loi sur l’eau et le SDAGE Loire-Bretagne, tant le travail à effectuer et les coûts étaient importants.

                                   

     Grâce à l’action de quelques communes, dont celle de Combleux, une véritable prise de conscience a vu le jour cette année au sein du Syndicat Intercommunal de la Bionne et de ses affluents qui a demandé à l’Agence de bassin de l’aider et de l’accompagner dans les années à venir pour inverser la tendance et réhabiliter la Bionne. 

     Cela devrait se traduire, si toutes les communes adhérentes au Syndicat le décident, ce dont nous ne doutons pas un instant tant les enjeux sont importants, par la mise en place d’un « contrat territorial milieux aquatiques » sur le bassin de la Bionne et ses affluents.

Ce contrat va avoir principalement trois objectifs :

- Repenser les aménagements de la Bionne et de ses affluents,
- Préserver les zones humides et la biodiversité
- Rouvrir la rivière aux déplacements des poissons

     Cet ambitieux programme va faire l’objet d’un contrat sur cinq ans et sera précédé d’une étude destinée à dresser un diagnostic du bassin, étude qui pourra durer un maximum de trois ans. Cette étude, tout comme les travaux qui suivront seront largement subventionnés. Aux 50 % octroyés par l’Agence de bassin pourront s’ajouter 30% octroyés par le Conseil Général. Si l’on considère que le salaire de l’actuel technicien de rivière sera subventionné dès le début de l’année 2010, on peut penser que ce contrat de rivière n’aura pas de répercussion financière sur les finances du Syndicat de la Bionne.

     Aujourd’hui, ce contrat de rivière fait naître de grands espoirs pour tous ceux qui aiment la Bionne et qui souhaitent qu’elle retrouve une bonne qualité d’eau et de milieux naturels.