Combleux

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Patrimoine culturel

     Combleux est un très vieux village, puisqu’on retrouve des traces de son existence dans des archives datant de 534. On peut envisager deux versions pour l’origine de son nom. Sans doute peut-on décomposer Combleux en combe-leu, c’est-à-dire la combe aux loups, en rapport avec les attaques de loups mentionnées dans les archives de Saint-Jean-de-Braye. Une autre hypothèse avance que ce nom serait une déformation de Combreux dont l’origine latine Combrosus signifie «endroit rempli de pêcheries ou plus exactement d’engins fixes destinés à arrêter et retenir le poisson».

     Un girouet en place sur le môle, rappelle que Combleux est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis novembre 2000.

     La superficie du village, qui n’est que de 105 hectares, était dans les siècles passés de 160 hectares, le village étant beaucoup plus étendu vers le sud. Cependant, par les transformations successives du lit de la Loire après chaque grande crue, il a perdu une grande partie de ses terres rattachées officiellement à Saint Denis en Val en 1829.

     Le domaine du Grand Poinville couvrait les ¾ de la surface du village et englobait l’église elle-même. La plupart des habitants de Combleux étaient alors métayers de Poinville, certains d’entre eux étant propriétaires d’une très petite parcelle.

     Au début du XIXe, le domaine fut partagé entre deux héritiers. C’est alors que fut construit plus près de la Loire, le Petit Poinville qui eut cependant une existence très brève.

     Pendant de nombreux siècles, cultivateurs et vignerons vivaient à côté du fleuve sans s’occuper de la marine de Loire. Ils voyaient cependant, passer sous leurs yeux, les chalands lourdement chargés.

     Mais, en 1692, le percement du canal d’Orléans, flanqué de son chemin de halage et de contre-halage, entre Combleux et Montargis, changea complètement le village et le rapprocha de la marine. Ce canal a été édifié en grande partie sur le cours du Cens, petit cours d’eau venant de la forêt d’Orléans, qui traversait la pâture et rejoignait la Loire à la hauteur du déversoir actuel.

     Combleux devint alors un port de transit important et l’on peut dire qu’il fut le port annexe de celui d’Orléans. De toute son activité débordante, il nous reste des vestiges que l’on peut découvrir en se promenant.

     La présence du canal a bouleversé la topographie des lieux. Coupant les terres du village, il a créé une île appelée la Patache où les petites parcelles de vigne se disputaient la place. Les deux premières habitations construites sur la Patache furent la maison du contôleur du canal, prolongée de deux pièces réservées à l’éclusier, et l’octroi. La maison éclusière semble apparaître seulement au début du XXe siècle. Le pont roulant reliant la Patache au pays ne fut mis en service qu’en 1893.

     Les mariniers ont profité de quelques aménagements sur le canal, qui leur ont facilité le travail et les manœuvres.

     Avec l’activité grandissante liée à la batellerie, la population n’a cessé de croître : de 165 habitants en 1790, elle est passée à 267 en 1806, et a atteint son maximum en 1851 avec 471 habitants, pour régresser par la suite. Afin de satisfaire les besoins de tout ce monde, de nouvelles habitations apparaissent, des commerces et des artisans s’établissent dans le village.

     Dans la seconde moitié du XIXe siècle la marine de Loire s’éteint peu à peu, tout du moins en Loire moyenne. Ce déclin est dû à la fois à l’apparition du train, mais aussi à l’amélioration du trafic sur la Seine pouvant assurer désormais, grâce à la vapeur, le ravitaillement de Paris.

     La Chambre de Commerce d’Orléans désirait cependant poursuivre les échanges avec la capitale, mais les difficultés rencontrées par les chalands pour remonter la Loire, entre Orléans et Combleux, n’arrangeaient pas la situation. Une demande fut faite pour le prolongement du canal sur cette portion. L’Etat refusa et pensa résoudre le problème en mettant en service, en 1891, un toueur qui remorquait les bateaux sur la Loire.

     Ce n’est qu’au début du XXe siècle, que le nouveau canal est construit entre Orléans et Combleux et inauguré en 1921. Du fait de ces travaux, le village subit à nouveau des transformations dans sa topographie : le quartier de l’Embouchure prend l’aspect d’une île, trois maisons disparaissent, un pont tournant est installé, et des propriétés comme celle de la Closerie sont morcelées. En 1910, le Conseil municipal en profite pour demander l’installation de deux lavoirs, aménagement d’importance à cette époque pour les ménagères.

     Malheureusement construit trop tard, cette portion de canal ne servit que quelques décennies puisque l’ensemble du canal d’Orléans fut déclassé en 1953.

     Les mariniers désertent le village mais ils vont être remplacés peu à peu, par une population qui s’installe pour profiter des bords de Loire et de la tranquillité de Combleux.


Remerciements :

Nous remercions chaleureusement Annick et Jean Senotier pour leurs témoignages et leur aide apportée à la réalisation de ces pages. Celles-ci ont été conçues à partir des documents suivants :
* Combleux – Un village des bords de Loire d’Annick Senotier. Ed. Combleux, 1991
* Combleux – Un village des bords de Loire au XXe siècle d’Annick Senotier. Ed. Loire et Terroirs, 2001.
* Une histoire de la marine de Loire de Patrick de Villiers et Annick Senotier. Ed. Grandvaux, 1996.

Nous remercions également Gérard Creusillet pour la mise à disposition de cartes postales anciennes et sa relecture.

Les personnes souhaitant apporter un témoignage du passé de Combleux ou porter à notre connaissance de vieux documents (cartes postales, photos …) sont priées de se faire connaître auprès de Sylvie Senotier Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

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